Point 11 — L’ancien Château-Vert

Le château qui a donné son nom au domaine
Regardez bien le sol. Aucun vestige ? Eh oui ! Ces terres ont été labourées et travaillées pendant des siècles après la disparition du château. Éric y a pourtant retrouvé quelques pierres, les seuls vestiges connus : une vraie chance ! Nous les remettrons bientôt ici. Et les histoires, elles, ne manquent pas sur ce château fort disparu depuis des siècles : le Château-Vert.

Pourquoi « vert » ?
Mystère ! Les noms de couleur sont rares parmi les noms de lieux en France. Un linguiste en a compté 378, et à peine 4 % sont verts. On ne trouve que trois « Château-Vert » dans tout le pays ! Le blanc et le rouge sont bien plus courants : à Paris, le quartier de Château-Rouge doit son nom à un manoir en briques rouges. Mais pour le nôtre, aucun document ne nous dit d’où vient sa couleur… Les prés du ru de Lombardie ? À vous d’imaginer !

Un poste de garde sur la vallée
Au Moyen Âge, un château fortifié se dresse au nord d’Hondainville, près du ruisseau de Lombardie, entouré de fossés. Il fait partie d’un chapelet de forteresses (Mouy, Thury, Hermes, Bresles…) qui veillent sur la vallée.

Juillet 1444 : l’assaut
En pleine guerre de Cent Ans, Floquet, capitaine d’Évreux, passe le Thérain à Mouy avec cinq cents cavaliers. Il s’empare du château d’Hondainville, menace Beauvais et, « suivant l’usage du temps », pille les alentours. Charmant voisinage.

Vers 1594 : le valet et le pamphlet
C’est notre anecdote préférée. Les guerres de Religion s’achèvent. Un Espagnol fuit Paris pour les Flandres. Les hommes du Château-Vert arrêtent son valet et le conduisent à Beauvais, devant le maire Godin, qui le fait fouiller. Dans ses poches : l’original de la Satire Ménippée, le pamphlet le plus célèbre de l’époque, qui se moque de la Ligue. C’est du moins ce qu’affirme l’avis au lecteur de l’édition de 1595. Vraie histoire ou coup de pub d’imprimeur ? Les deux nous vont très bien.

Un témoin de pierre
De ces années de guerres de Religion, il nous reste un morceau de mur, toujours debout dans le parc. Il est un peu caché sous les ronces (on vous promet un bon débroussaillage très bientôt !), mais il est bien là, et il a son étape sur votre plan : rendez-vous au point 9, le mur historique.

Richelieu ou la Révolution ?
Comment a-t-il disparu ? La mémoire familiale dit : détruit pendant la Révolution. Un historien du village, vers 1870, écrit qu’il « paraît avoir été rasé par ordre de Richelieu », comme bien des places fortes jugées dangereuses pour le roi au XVIIᵉ siècle. Peut-être les deux : démantelé sous Louis XIII, achevé par la Révolution ? L’enquête continue dans les archives. Ce qui est sûr : il nous a laissé son nom.

Et le château d’aujourd’hui ?
Celui qui a pris son nom est né en 1826, et il a vécu un diplomate, des serres tropicales, sept enfants et un salon rose. Son histoire est au point 1 :
le Château Vert.